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jeudi 25 août 2011

279




« Chagrin voleur du temps se carapate – 

Lunatique, la tombe, après ces années à caboter, 

Et le valet de douleur, lui, est en maraude, 

Et rompue, la foi qu’on a eu en la mer, qui étanchait le temps. 

Les anciens en oublient leurs épreuves, 

Ils font plier le temps sur l’heure des marées, 

Et les heures du temps sous vent debout comme jadis, 

Ils font revenir les naufragés, 

Courent mer et lumière sur une route engloutie, 

Les anciens en oublient la douleur du chagrin, 
La toux qui racle la gorge, l’albatros qu’on a pris et pendu, 

Ils revivent le bon temps de leur jeunesse 

Et, l’œil amer, s’en vont buter au lit où elle repose, 

Celle qui fit virer la haute mer à l’antan des souvenirs 

Et repose aimante pour l’éternité aux côtés du voleur. 
 


Benêt de mes aïeux, largue-moi donc cette gueule de temps d’escroc 
Qui nous tire de sa manche l’éclair de la camarde, 

Et avec sa rapine de bulles dans son baluchon miteux,  

S’en va se faufiler en douce dans la tombe de l’étalon, 

Déglingue le manant par la fente du judas, 

Et laisse dériver le double cercueil des nostalgies – 
Que sifflets d’argent ne le traquent pas tout au long de la crête 

Des jours et des jours des semaines jusqu’au jour de la mort. 

Bulles volées ont en elles des morsures de serpents 

Et des crochets bien affilés. 

Que le troisième œil n’aille pas sonder le sexe de l’arc-en-ciel 

Qui faisait pont entre les deux moitiés de l’homme. 

Tout restera tel quel, et au-dessus du golfe donnant sur la tombe 

Tout aura la forme des détrousseurs de mes aïeux. »

mercredi 24 août 2011

278



« Le chagrin voleur du temps s’éloigne en rampant,
La tombe aimantée par la lune, avec les années voguant,
Le valet de la douleur dérobe
La foi marine brisée, qui a mis le temps à genoux.
Les vieux oublient les cris, courbent le temps sur le flot
Et les heures où ils avaient le vent debout,
Rappellent les naufragés
Chevauchant la lumière de la mort sur un chemin englouti,
Les vieux oublient le chagrin,
Le râle de la toux, l’albatros qui pend,
Rappellent l’os de la jeunesse
Et, l’œil salé, trébuchent vers le lit où repose
Celle qui a soulevé la haute mer à l’époque des contes
Et continue sans fin d’enlacer le voleur.
 
Ducon, valet de mes pères, laisse à présent l’escroc à gueule de temps,
Arborant l’éclair de la mort sur la manche
Avec un butin de bulles dans un sac de semence,
Se glisser dans la tombe de l’étalon,
Faire mouche sur le paria à travers une fente châtrée
Et libérer les cercueils jumeaux du chagrin.
Qu’aucun sifflet d’argent ne le poursuive le long des pics
De chaque jour jusqu’au jour de la mort.
Ces bulles volées contiennent la morsure des serpents
Et les dents des yeux à venir.
Qu’aucun troisième œil ne sonde le sexe de l’arc-en-ciel
Qui enjambait les deux moitiés de l’homme.
Tout demeurera et, dans le golfe ouvert sur la tombe,
prendra la forme des voleurs de mes pères. »

mardi 23 août 2011

277



« Grief thief of time crawls off,
The moon-drawn grave, with the seafaring years,
The knave of pain steals off
The sea-halved faith that blew time to his knees,
The old forget the cries,
Lean time on tide and times the wind stood rough,
Call back the castaways
Riding the sea light on a sunken path,
The old forget the grief,
Hack of the cough, the hanging albatross,
Cast back the bone of youth
And salt-eyed stumble bedward where she lies
Who tossed the high tide in a time of stories
And timelessly lies loving with the thief.

Now Jack my fathers let the time-faced crook,
Death flashing from his sleeve,
With swag of bubbles in a seedy sack
Sneak down the stallion grave,
Bull's-eye the outlaw through a eunuch crack
And free the twin-boxed grief,
No silver whistles chase him down the weeks'
Dayed peaks to day to death,
These stolen bubbles have the bites of snakes
And the undead eye-teeth,
No third eye probe into a rainbow's sex
That bridged the human halves,
All shall remain and on the graveward gulf
Shape with my fathers' thieves.
»

lundi 22 août 2011

276



« Reste immobile, dors dans l’accalmie, souffrant avec la blessure
Dans la gorge, qui brûles et fais retour. Toute la nuit à flot
Sur l’océan de silence nous avons perçu le son
Qui venait de la blessure enveloppée dans le drap de sel.

Sous la lune d’un mille au-delà, nous avons tremblé écoutant
Le bruit de l’océan couler comme sang de la blessure criante
Et quand le drap de sel se rompit en un ouragan de chants
Les voix de tous les noyés nagèrent dans le vent.

Ouvre un  chemin à travers la triste lente voile,
Ouvres grandes au souffles les portes du bateau errant
Pour que commence mon voyage vers la fin de ma blessure,
Nous avons entendu le bruit de l’océan chanter, et vu le drap de sel scander.
Reste immobile, dors dans l’accalmie, cache la bouche dans la gorge
Ou nous devrons obéir, et chevaucher avec toi entre les noyés. »

dimanche 21 août 2011

275



« Lie still, sleep becalmed, sufferer with the wound
In the throat, burning and turning. All night afloat
On the silent sea we have heard the sound
That came from the wound wrapped in the salt sheet.
 
Under the mile off moon we trembled listening
To the sea sound flowing like blood from the loud wound
And when the salt sheet broke in a storm of singing
The voices of all the drowned swam on the wind.
 
Open a pathway through the slow sad sail,
Throw wide to the wind the gates of the wandering boat
For my voyage to begin to the end of my wound,
We heard the sea sound sing, we saw the salt sheet tell.
Lie still, sleep becalmed, hide the mouth in the throat,
Or we shall obey, and ride with you through the drowned. »

mercredi 12 janvier 2011

84





« Je suis facile. Je ne vaux pas grand chose. Dieu va me foudroyer. J’ai dix-sept ans. J’irai en Enfer. »