« Sans
s'incliner, il releva jusqu'à ses lèvres et baisa sa main de cygne - après quoi
ils restèrent l'un devant l'autre, les yeux dans les yeux, lui jouant avec des
pièces de monnaie dans les poches de son pantalon, sous son veston remonté en
bosse, elle manipulant son collier, et l'on eût dit que chacun réfléchissait la
lumière incertaine à laquelle s'était catastrophiquement réduit tout
l'éblouissement de leur accueil réciproque. Elle était Ada plus que jamais,
mais un éclat d'élégance nouvelle s'était ajouté à son charme sauvage. Ses
cheveux encore plus noirs étaient tirés en arrière et relevés au-dessus de la
nuque en un chignon luisant et la ligne Lucette de son cou nu, mince et droit,
le frappa comme une surprise déchirante. »
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lundi 6 octobre 2014
mardi 10 janvier 2012
411
« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »
dimanche 10 juillet 2011
263
« Que diraient mes éditeurs, ces personnages hautement académiques, si je citais dans mon manuel la vermeillette fente dont parle Ronsard ou ce ''petit mon feutré de mousse délicate, tracé sur le milieu d'un filet escarlatte", de Remy Belleau, pour ne mentionner que ces deux-là ? »
mardi 4 janvier 2011
76
« Son lâche vêtement trahissait son désir : ce point ne pouvait échapper à l’attention d’une gamine fût-elle daltonienne. »
vendredi 31 décembre 2010
72
« C’est donc à un divertissement que je dois ma première lueur de parfaite conscience – et voilà qui de nouveau implique une évolution récapitulative, puisque les premières créatures sur terre à prendre conscience du temps furent aussi les premières créatures à sourire. »
mercredi 15 décembre 2010
56
« Puisque tu collectionnes les adages, laisse moi t’en citer un qui vient de l’Arabie : le Paradis n’est qu’à une assbaa au sud de la ceinture d’une belle fille. »
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