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lundi 13 août 2012

578



« Quelle erreur, tu es malade, oui,
gracieuse enfant, vraiment malade.
À coup sûr l’air frais du jardin
te fera du bien. Je t’en prie,
ne livre pas à ces pensées
ta chère et faible tête. Sois calme.
Que ton esprit cesse d’errer.
Prends du mouvement, saute et cours.
Chasse en criant le papillon,
gronde l’air s’il n’est pas assez
chaud. Sois enfant, et d’ici peu
tu auras perdu la couleur
qui, tel un linceul blafard, couvre
ton visage rose. Repousse
toute idée de péché. Il faut
oublier le péché. Peut-être
j’ai péché contre toi, jadis.
Qui voudrait y songer encore ?
De tout chagrin l’oubli est prompt
dès que s’offre un amour auquel
penser. Mais tu ne pleures pas ? »

jeudi 8 mars 2012

468



« Pouvoir ici ou là dire sur le ton du regret sincère : « Pourquoi en fut-il ainsi ? », comme cela ressemble à une aventure, comme cela flatte agréablement ! Ceux qui ont commis une faute peuvent si gentiment s’apaiser, se faire des bonnes grâces, se témoigner une douce miséricorde, ils rentrent toujours en faveur d’eux-mêmes. Ils s’exclament : « Je ne voudrais pas être différent », et il existe aussi une vérité extrêmement simple, selon laquelle les joies les plus raffinées sont volontiers à ceux qui sont privés de joies.
La souffrance ne veut-elle pas aussi être nourrie ? »

mercredi 7 mars 2012

467



« Il avait parfois des manières de noceur, c’est pourquoi on ne pouvait en aucun cas le compter au nombre des individus honnêtes. »

mardi 6 mars 2012

466



« Je ne sais si je raconterai cette histoire comme il convient ; au départ, je sais seulement que, dans un grand roman dont le nombre de pages imprimées doit s ‘élever à près de neuf cents, il y a un personnage tragi-comique, dont l’essence consiste à ne pas vouloir être ce qu’il est, et à vouloir être plus que ce qu’il serait jamais en mesure de faire de lui-même. »

samedi 11 juin 2011

234



« Sur le chemin du retour, qui me parut splendide, il neigeait à gros flocons, denses et chauds. Il me sembla presque entendre résonner quelque part un air de mon pays. Mes pas étaient vifs malgré la profondeur de la neige dans laquelle je continuais à progresser avec ténacité. Chaque pas accompli fortifiait ma confiance ébranlée, ce dont je me réjouissais comme un petit enfant. Tout ce qui avait existé autrefois fleurissait et m'enveloppait gaiement d'une roseraie comme un parfum juvénile. Il me sembla presque que la terre entonnait un chant de Noël et presque aussitôt déjà un chant de printemps. »

vendredi 28 janvier 2011

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«Mais au fait, à quoi bon penser ? Vivre, participer : n’est-ce pas là le genre de pensée qu’il importe le plus de cultiver ? »