« Parfois, dans la rue, ou ailleurs, j'ai envie de m'effondrer en larmes tant le regard des yeux sur moi me blesse. Il y a de la haine de la part des hommes et des femmes et, de la part de certains hommes, le désir de m'avilir par leur sexe. »
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dimanche 20 novembre 2011
jeudi 20 octobre 2011
335
« Chacun fait la digue avec ce qu’il est, on marche côte à côte, on ne voit rien en entier : c’est ce qui manque qui forme contour, et c’est soi qu’on voit le moins ; on croise, on suit des chemins usés, on ne reconnaît rien : tout s’est effacé ; en se levant le pas dépose une trace, parfois nait là une sorte de rappel – la mémoire des pas sur le béton est faible. On n’est pas sûr de tenir tout entier en soi.
On n’est pas fée, on allume le monde sans prétendre à rien ni rien demander, juste parce qu’on est là, alors qu’on n’espérait qu’un peu d’obscurité, et comme on porte tout ce qu’on voit, dans la lumière le monde s’achemine vers nos épaules, patiemment, irrémédiablement, projetant une ombre immense et noire sur nos propres pieds. » mercredi 19 octobre 2011
334
« À un moment, une des lycéennes prononça le mot amour. L’intonation inouïe et la clarté de sa voix donna soudain à ce mot galvaudé s’il en est comme un sens nouveau. Je regardais toujours le petit poirier enveloppé de brume mais soudain la perception que j’en avais se trouva modifiée. Je n’étais plus le spectateur un peu distrait qui regardait l’arbre à distance mais – comment l’exprimer autrement – il n’y eut plus, d’un seul coup, l’arbre et moi, mais une seule et même "chose". Il n’y avait plus ni moi ni l’arbre, mais un même moi. »
mercredi 21 septembre 2011
mardi 20 septembre 2011
305
« Comme les masques sont les signes qu’il y a des visages, les mots sont le signe qu’il y a des choses. Et ces choses sont des signes de l’incompréhensible. »
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