« Pendant longtemps, c’est resté vide. Des années peut-être. Et quand enfin cela s’est de nouveau rempli, tu as compris que l’amour neuf que tu ressentais pour une femme aurait été impossible sans Alma. Si elle n’avait pas existé, jamais il n’y aurait eu d’espace vide, ni de besoin de le remplir. »
« Mise en confiance par les remarques de Pauline, détendue, Clara ressentit soudain un pressant besoin d’uriner, et demanda où se trouvaient les toilettes :
–Je... euh... Pourriez-vous m’indiquer les toilettes ?
–Les toilettes? répéta Pauline, hésitante.
Elle comprit le besoin pressant qui agitait Clara mais dit une chose étrange:
– Vous... vous désirez que l’on vous touche les jambes, n’est-ce pas ? Je vous en prie. »
« Mais quand nous eûmes prévenus la police, la fillette avait disparu ; on trouva la maison close entièrement vide, propre et sans aucun meuble, et les agents nous montrant une plaque : À louer, fixée sur la porte blanche, nous rirent au nez. »
« Il ne faut pas réveiller le chat qui dort, donc si je reste bien silencieux, immobile, rien ne m’arrivera, strictement rien. Mais qui sait si le chat n’est pas un meilleur compagnon éveillé qu’endormi ? Impossible d’écarter cette question d’un revers de volonté, elle surnage. Voici que l’amour ouvre l’appétit, la jeunesse est un chat insomniaque. »
« Donc, pour acquérir une chance de pénétrer un pareil jeu de miroirs et tenter de devenir leur plus central reflet, déshabillez vos chairs, vos os, vos sentiments, vos penséesmême, et puis taillez à coups multipliés d’une hache hasardeuse dans une vitre sans tain, sans possibilité de tessons, sans couleur et sans forme, au grand jamais. »
« Nous ne savons pas affronter l’insupportable sans avoir recours à quelque idéal ou poudre de perlimpinpin. Comment nous en vouloir ? Nous sommes tellement gauches, tellement imparfaits. Seules les fictions donnent du courage et aident à survivre. »