« Vathek ne douta point que le silence de
l’inconnu ne fût causé par le respect que lui inspirait sa présence, le fit
avancer avec bonté, et lui demanda d’un air affable, qui il était, d’où il
venait, et où il avait acquis de si belles choses ? L’homme, ou plutôt le
monstre, au lieu de répondre à ces questions, frotta trois fois son front, [qui
ainsi que tout son corps était] plus noir que l’ébène ; frappa quatre fois sur
son ventre dont la circonférence était énorme ; ouvrit de [grands] yeux qui
paraissaient deux charbons ardents, et [enfin] se mit à rire avec un bruit
affreux en montrant de larges dents couleur d’ambre [quoique] rayés de
vert. »
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mercredi 26 février 2014
lundi 24 février 2014
656
« Vathek, neuvième Califea de la race des
Abbassides, était fils de Motassem, et petit-fils d’Haroun Al-Rachidb. Il monta
sur le trône à la fleur de l’âge et les grandes qualités qu’il possédait déjà
faisaient espérer à ses peuples que son règne serait long et heureux. Sa figure
était agréable et majestueuse mais quand il était en colère, un de ses yeux
devenait si terrible qu’on n’en [pouvait soutenir les regards] et le malheureux
sur lequel il les fixait, tombait à la renverse et quelquefois même expirait à
l’instant : Aussi, dans la crainte de dépeupler ses états et de faire un désert
de son palais, ce prince ne se mettait en colère que très rarement. »
lundi 31 octobre 2011
346
« Je me vis ouvrir, comme par hasard, la fenêtre qui me coupait du monde : la lune brillait de tout son éclat dans un ciel clair qui illuminait la montagne. M’échappant de la joyeuse compagnie qui tenait salon, je traversais le jardin de fleurs et d’orangers lorsqu’un bosquet, à mi-chemin entre la maison et les rochers, attira mes pas vers quelque marches creusées à même le roc. Par bonheur, je parvins à arpenter les cent premiers degrés de ce curieux escalier et atteignis mon premier refuge avant qu’un très sombre nuage, poussé par le vent du Nord, ne vînt voiler la face de la lune et éclipser la lumière qui m’avait servi de guide jusque là. Que me restait-il à faire ? Les marches étaient bien trop raides, bien trop précaires, bien trop irrégulières pour redescendre dans l’obscurité et, puisqu’il me fallait rester dans l’obscurité pour quelque temps, je me consolai en me disant que la lumière ne manquerait pas de revenir bientôt. »
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