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mercredi 26 février 2014

657



« Vathek ne douta point que le silence de l’inconnu ne fût causé par le respect que lui inspirait sa présence, le fit avancer avec bonté, et lui demanda d’un air affable, qui il était, d’où il venait, et où il avait acquis de si belles choses ? L’homme, ou plutôt le monstre, au lieu de répondre à ces questions, frotta trois fois son front, [qui ainsi que tout son corps était] plus noir que l’ébène ; frappa quatre fois sur son ventre dont la circonférence était énorme ; ouvrit de [grands] yeux qui paraissaient deux charbons ardents, et [enfin] se mit à rire avec un bruit affreux en montrant de larges dents couleur d’ambre [quoique] rayés de vert. »

lundi 24 février 2014

656



« Vathek, neuvième Califea de la race des Abbassides, était fils de Motassem, et petit-fils d’Haroun Al-Rachidb. Il monta sur le trône à la fleur de l’âge et les grandes qualités qu’il possédait déjà faisaient espérer à ses peuples que son règne serait long et heureux. Sa figure était agréable et majestueuse mais quand il était en colère, un de ses yeux devenait si terrible qu’on n’en [pouvait soutenir les regards] et le malheureux sur lequel il les fixait, tombait à la renverse et quelquefois même expirait à l’instant : Aussi, dans la crainte de dépeupler ses états et de faire un désert de son palais, ce prince ne se mettait en colère que très rarement. »

lundi 31 octobre 2011

346



«  Je me vis ouvrir, comme par hasard, la fenêtre qui me coupait du monde : la lune brillait de tout son éclat dans un ciel clair qui illuminait la montagne. M’échappant de la joyeuse compagnie qui tenait salon, je traversais le jardin de fleurs et d’orangers lorsqu’un bosquet, à mi-chemin entre la maison et les rochers, attira mes pas vers quelque marches creusées à même le roc. Par bonheur, je parvins à arpenter les cent premiers degrés de ce curieux escalier et atteignis mon premier refuge avant qu’un très sombre nuage, poussé par le vent du Nord, ne vînt voiler la face de la lune et éclipser la lumière qui m’avait servi de guide jusque là. Que me restait-il à faire ? Les marches étaient bien trop raides, bien trop précaires, bien trop irrégulières pour redescendre dans l’obscurité et, puisqu’il me fallait rester dans l’obscurité pour quelque temps, je me consolai en me disant que la lumière ne manquerait pas de revenir bientôt. »