« Chacun fait la digue avec ce qu’il est, on marche côte à côte, on ne voit rien en entier : c’est ce qui manque qui forme contour, et c’est soi qu’on voit le moins ; on croise, on suit des chemins usés, on ne reconnaît rien : tout s’est effacé ; en se levant le pas dépose une trace, parfois nait là une sorte de rappel – la mémoire des pas sur le béton est faible. On n’est pas sûr de tenir tout entier en soi.
On n’est pas fée, on allume le monde sans prétendre à rien ni rien demander, juste parce qu’on est là, alors qu’on n’espérait qu’un peu d’obscurité, et comme on porte tout ce qu’on voit, dans la lumière le monde s’achemine vers nos épaules, patiemment, irrémédiablement, projetant une ombre immense et noire sur nos propres pieds. » jeudi 20 octobre 2011
mercredi 19 octobre 2011
334
« À un moment, une des lycéennes prononça le mot amour. L’intonation inouïe et la clarté de sa voix donna soudain à ce mot galvaudé s’il en est comme un sens nouveau. Je regardais toujours le petit poirier enveloppé de brume mais soudain la perception que j’en avais se trouva modifiée. Je n’étais plus le spectateur un peu distrait qui regardait l’arbre à distance mais – comment l’exprimer autrement – il n’y eut plus, d’un seul coup, l’arbre et moi, mais une seule et même "chose". Il n’y avait plus ni moi ni l’arbre, mais un même moi. »
mardi 18 octobre 2011
333
« -Tu ne trompes pas ta femme? Qu'est-ce que tu fait alors?
-Je ne sais pas, je ne la trompe pas. Je vis quelque chose d'autre, quelque chose de plus mais je lui reste fidèle. »
-Je ne sais pas, je ne la trompe pas. Je vis quelque chose d'autre, quelque chose de plus mais je lui reste fidèle. »
lundi 17 octobre 2011
332
« A 1 heure du matin, Colette téléphone :
- C'est l'heure où les anémones se ferment... Est ce que vous savez encore embrasser comme hier ?
- Oui. »
- C'est l'heure où les anémones se ferment... Est ce que vous savez encore embrasser comme hier ?
- Oui. »
dimanche 16 octobre 2011
331
« Oui et puisque ma vie n'est devenue rien d'autre qu'un torchon gorgé d'eau frappé sur une table de bois. Vingt-huit ans donc, toujours debout, avec le corps qui me travaille. J'attends le moment où je ne pourrai plus rester chez moi, où il faudra sortir, aller au-devant du béton. »
samedi 15 octobre 2011
330
« Il n’est pas surprenant qu’aux folies de l’histoire et aux carnages ils aient aussi payé leur dû, pleuré leurs victimes. Inaptes au camouflage davantage encore que l’autruche, ils sont souvent les dindons de la guerre, se font farcir au RPG depuis les hélicos ou piéger à la mine antichar, nourrissent les deux camps.»
vendredi 14 octobre 2011
329
« Un ciel rose Ventor, rose boursouflé, force le barrage de la fenêtre et tout dès lors se retrouve à nouveau empaqueté dans ce tapis humide et caniculaire de bonheur. »
jeudi 13 octobre 2011
328
« Elle circule comme ça dans les déserts des mois et des mois durant. Elle continue sa route sous le ciel. Elle roule en bikini quand la chaleur devient insupportable. Elle roule en bottes et en manteau léopard quand les nuits sont glacées. Elle roule avec un galurin d'homme rose. Elle roule avec une robe jaune des années cinquante. Elle roule avec une détermination inébranlable, comme si le voyage comportait une quelconque destination finale alors qu'elle se borne en réalité à des allées et venues sur cette unique autoroute esseulée. Partout des sauriens aux entrailles éventrées sous l'épiderme squameux. Partout des crotales, des oiseaux du désert, des chiens au crâne sanguinolent. »
mercredi 12 octobre 2011
327
« Considérez ce qui se passe quand un homme perd réellement la boule. On appelle la police, on le fait disparaître en vitesse, on le coffre et on le boucle avant qu’il ait réveillé les voisins. »
mardi 11 octobre 2011
lundi 10 octobre 2011
325
« Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn.
Legrasse avait un point d'avance sur le Pr Webb, car plusieurs de ses prisonniers lui avaient révélé le sens de ces paroles qui peuvent se traduire comme suit :
Dans sa demeure de R'lyeh la morte, Cthulhu attend en rêvant. »
Legrasse avait un point d'avance sur le Pr Webb, car plusieurs de ses prisonniers lui avaient révélé le sens de ces paroles qui peuvent se traduire comme suit :
Dans sa demeure de R'lyeh la morte, Cthulhu attend en rêvant. »
dimanche 9 octobre 2011
324
« Elles étaient descendues de la lune, par une nuit de brouillard, en même temps que le lac et la cité de pierres grises, Ib. Ces êtres bizarres avaient pour divinité une idole de pierre verte comme la mer, taillée en forme de bokrug, grand lézard aquatique, qu’ils vénéraient par des danses horribles lorsque la lune, en son plein, était gibbeuse. »
samedi 8 octobre 2011
323
« Parce que, l'autre fois, ça avait commencé comme ça ... Alors je me suis demandé si vous aviez entendu marcher cette nuit, parce que l'autre fois, on avait entendu marcher, et moi, cette nuit, il m'a bien semblé entendre marcher, mais si vous n'avez rien entendu, peut-être que je me suis trompé ... »
vendredi 7 octobre 2011
322
« Merridew se tourna vers Ralph.
- Il n'y a pas de grandes personnes ?
- Non.
Merridew s'assit sur un tronc et lança un regard circulaire.
- Alors, il faudra se débrouiller tout seul. »
- Il n'y a pas de grandes personnes ?
- Non.
Merridew s'assit sur un tronc et lança un regard circulaire.
- Alors, il faudra se débrouiller tout seul. »
jeudi 6 octobre 2011
321
« Les princes exhibent leurs armées, les riches se vantent de leurs édifices, les soldats de leur virilité, et les lettrés divulguent leurs babioles, il faut qu’on les lise, il faut qu’on les entende, qu’on le veuille ou non. »
mercredi 5 octobre 2011
320
« N’ayant pas coutume de me vanter de mes aventures galantes, je termine ici ma narration, en vous souhaitant à tous une bonne nuit. »
mardi 4 octobre 2011
319
« Je savais qu'elle était vraie - car il y a eu une époque où les gens pensaient que cette sombre béance, cette plaie, était véritablement la source d'où provenait le miel. Et ils avaient raison, car tout se transforme, tout évolue, et cette évolution est la seule histoire qui se perpétue à tout jamais. Tout évolue pour devenir autre chose, d'un instant à l'autre, à tout jamais. Ça, je le sais maintenant - et ici, là où je suis, je passe et repasse en revue cette histoire précise, inlassablement, rejouant les événements dont je me souviens, situant les blancs et les ombres laissés par l'oubli, me raccrochant à des broutilles comme si c'était le monde tout entier qui s'éclipsait, la vie elle-même qui s'évanouissait dans le passé, et pas seulement moi. »
lundi 3 octobre 2011
318
« Là-bas à l'Intraville, il y avait une étiquette sur les vieux bidons de sirop de sucre qu'on achetait à l'épicerie de quartier : l'image d'un lion mort en train de se décomposer dans la poussière, avec des flopées d'abeilles qui se déversaient des ombres et béances de son pelage, soutiraient du miel aux plaies. Je croyais à cette image. »
dimanche 2 octobre 2011
317
« C’est plus qu’un passe-temps, c’est une nécessité fondamentale pour l’homme moderne. Ca répond à un besoin psychologique essentiel. Si tu n’as pas la conviction qu’au besoin, tu es capable de tuer, et de préférence, à mains nues, ceux qui se mettent en travers de ton chemin, la pression de tous ces gens t’écrasera. »
samedi 1 octobre 2011
316
« Christ, Marx, Wood et Wei
nous ont donné ce jour parfait.
Marx, Wood, Wei et Christ -
Seul Wei n'a pas connu le sacrifice.
Wood, Wei, Christ et Marx
Nous ont donné ces écoles et ces parcs
Wei, Christ, Marx et Wood,
Nous ont rendus humbles et bons. »
nous ont donné ce jour parfait.
Marx, Wood, Wei et Christ -
Seul Wei n'a pas connu le sacrifice.
Wood, Wei, Christ et Marx
Nous ont donné ces écoles et ces parcs
Wei, Christ, Marx et Wood,
Nous ont rendus humbles et bons. »
Inscription à :
Articles (Atom)



















