mardi 20 mars 2012

480



«Cependant tous les objets, et les choses, et les instruments réclament. Qui nous dirige et qui nous mène, où devons-nous aller ensemble ? Et vers quoi. Le voyageur sait que les éléments exigent une décision. Un acte accompli dans la clarté. Mais voilà, ce n’est pas encore le temps de calmer le tumulte et de rompre la majesté de la nuit. »

lundi 19 mars 2012

479



« tout se dédouble, la haie, l’angle des murs, ma main, tout s’abandonne dans son ombre & c’est la nuit »

dimanche 18 mars 2012

478



« Lay, lady, lay, lay across my big brass bed
Lay, lady, lay, lay across my big brass bed
Whatever colors you have in your mind
I'll show them to you and you'll see them shine.

Lay, lady, lay, lay across my big brass bed
Stay, lady, stay, stay with your man awhile
Until the break of day, let me see you make him smile
His clothes are dirty but his hands are clean
And you're the best thing that he's ever seen.

Stay, lady, stay, stay with your man awhile
Why wait any longer for the world to begin
You can have your cake and eat it too
Why wait any longer for the one you love
When he's standing in front of you.

Lay, lady, lay, lay across my big brass bed
Stay, lady, stay, stay while the night is still ahead
I long to see you in the morning light
I long to reach for you in the night
Stay, lady, stay, stay while the night is still ahead. »

samedi 17 mars 2012

477



« Il est surtout une couleur qui ne cesse de me hanter : l’orange même de l’anorak d’Estelle Neumann à la seconde où j’allais la pousser. »

vendredi 16 mars 2012

476



« Les gens tuent, enterrent, divorcent, se marient, changent de sexe, disjonctent, donnent naissance sans que les autres le sachent. Les gens ont des triplés dans la salle de bain sans que les autres le sachent. »

jeudi 15 mars 2012

475



« D’abord, il découpait l’enveloppe externe du scrotum et la jetait de côté ; ensuite, il forçait un testicule vers le bas, puis l’autre, fendait la membrane couleur arc-en-ciel qui les entourait, les arrachait et les lançait dans le feu où rougeoyaient les fers à marquer. Étonnamment, il y avait peu de sang. Au bout de quelques instants, les testicules explosaient comme d’énormes grains de pop-corn. Certains hommes, paraît-il, les mangeaient avec un peu de sel et de poivre. « Amourettes », les appelait Phil avec son sourire narquois, et il disait aux jeunes aides du ranch que s’ils s’amusaient avec les filles ils feraient bien d’en manger eux aussi. George, le frère de Phil, qui, lui, se chargeait d’attacher les bêtes, rougissait d’autant plus de ces conseils qu’ils étaient donnés devant les ouvriers. George était un homme trapu, sans humour, très comme il faut, et Phil aimait bien l’agacer. Quel grand plaisir, pour Phil, d’agacer les gens ! Personne ne portait de gants pour des opérations aussi délicates que celle de la castration, mais on en mettait pour presque tous les autres travaux, car il fallait se protéger les mains des frottements de corde qui brûlent la peau, des échardes, des coupures et des ampoules. Tout le monde portait des gants pour prendre le bétail au lasso, poser les piquets de clôture, marquer les bêtes au fer ou leur lancer du foin, et même tout simplement pour monter et faire courir les chevaux ou conduire les troupeaux. Tout le monde, sauf Phil. »

mercredi 14 mars 2012

474




« The West's asleep. Let England shake,
weighted down with silent dead.
I fear our blood won't rise again.

England's dancing days are done.
Another day, Bobby, for you to come home
& tell me indifference won.

Smile, smile Bobby, with your lovely mouth.
Pack up your troubles, let's head out
to the fountain of death
& splash about, swim back and forth
& laugh out loud,

until the day is ending,
& the birds are silent in the branches,
& the insects are courting in the bushes,
& by the shores of lovely lakes
heavy stones are falling. »

mardi 13 mars 2012

473



« Est-elle si active encore la magie des métamorphoses ? »

lundi 12 mars 2012

472



« Vivre de façon raisonnable – expérience qu’il avait tentée à une ou deux reprises dans sa vie – s’était avéré ennuyeux, le plus souvent après quelques jours seulement. Une vie sensée ne lui avait jamais rien apporté qui vaille, à part des beuveries et des parties de cartes où il jouait jusqu’à sa dernière chemise. La folie était parfois plus stimulante. »

dimanche 11 mars 2012

471



« Cette terre heureuse, dénommée Breanza, de « bre » qui signifie chanceux, compte parmi les plus riantes et les plus verdoyantes de notre province et c’est l’assise naturelle de ces très vastes  et très envoutantes demeures qu’édifièrent nos plus remarquables ancêtres pour leurs heures oisives, après les querelles citadines et les importunités des jalousies politiques : en les entourant d’idoines et adéquates plantations, qui dominant la banalité peuplent d’un peuple fantasque et noble d’anciens jardins. »

samedi 10 mars 2012

470



« L’idéologie est l’âme de la vie, même quotidienne. Elle ne se contente pas d’indiquer son caractère, mais elle le forme également aujourd’hui encore. Et pourtant tout le monde s’en moque joyeusement. »

vendredi 9 mars 2012

469



« Toda la pretensión de quien comienza oración-y no se olvide que esto importa mucho-ha de ser trabajar y determinarse y disponerse, con cuantas diligencias pueda, a hacer su voluntad conforme a la de Dios (...). Quien más perfectamente tuviera esto, más recibirá del Señor, y más adelante estará en el camino. »

jeudi 8 mars 2012

468



« Pouvoir ici ou là dire sur le ton du regret sincère : « Pourquoi en fut-il ainsi ? », comme cela ressemble à une aventure, comme cela flatte agréablement ! Ceux qui ont commis une faute peuvent si gentiment s’apaiser, se faire des bonnes grâces, se témoigner une douce miséricorde, ils rentrent toujours en faveur d’eux-mêmes. Ils s’exclament : « Je ne voudrais pas être différent », et il existe aussi une vérité extrêmement simple, selon laquelle les joies les plus raffinées sont volontiers à ceux qui sont privés de joies.
La souffrance ne veut-elle pas aussi être nourrie ? »

mercredi 7 mars 2012

467



« Il avait parfois des manières de noceur, c’est pourquoi on ne pouvait en aucun cas le compter au nombre des individus honnêtes. »

mardi 6 mars 2012

466



« Je ne sais si je raconterai cette histoire comme il convient ; au départ, je sais seulement que, dans un grand roman dont le nombre de pages imprimées doit s ‘élever à près de neuf cents, il y a un personnage tragi-comique, dont l’essence consiste à ne pas vouloir être ce qu’il est, et à vouloir être plus que ce qu’il serait jamais en mesure de faire de lui-même. »

lundi 5 mars 2012

465




« La mort présente, immense, inéluctable et invisible, planait sur tous ces pauvres hommes qui l’avaient appelée et déchaînée.
Pendant ce temps, le grondement infernal, le roulement sourd, le tambourinage géant, continuait sans arrêt. »

dimanche 4 mars 2012

464



« Dans son village de Lopatyny, le comte était supérieur à tout autre autorité officielle connue et redoutée des Juifs et des paysans, il était plus que le juge de la petite ville la plus proche, plus que le préfet de lui-même, plus que l’un de ces officiers supérieurs qui commandaient les troupes aux manœuvres annuelles, prenaient leurs quartiers dans les masures et les maisons, et qui représentaient cette puissance guerrière particulière aux grandes manœuvres, plus imposante que la puissance guerrière de la guerre elle-même. Il semblait aux habitants de Lopatyny que le titre de comte n’était pas seulement un titre de noblesse, mais aussi un très haut titre officiel. La réalité ne leur donnait pas tort non plus. »

samedi 3 mars 2012

463



« Je ne sais pas. Il me semble que j’ai toujours pensé que l’amour m’attendait, que j’allais à sa rencontre, et que si par malheur je le manquais, j’aurais tout manqué avec lui. Qu’il n’y avait au fond rien d’autre que cela à attendre de la vie. »

vendredi 2 mars 2012

462



« - Pas de fond de six pieds, ni rats de cimetière :
Eux ils vont aux requins ! L'âme d'un matelot
Au lieu de suinter dans vos pommes de terre,
Respire à chaque flot. »

jeudi 1 mars 2012

461



« Me persuadant que j'étais « assis sur le môle » ou au fond du « boudoir » dont parle Baudelaire, je me demandais si son « soleil rayonnant sur la mer », ce n'était pas - bien différent du rayon du soir, simple et superficiel comme un trait doré et tremblant - celui qui en ce moment brûlait la mer comme une topaze, la faisait fermenter, devenir blonde et laiteuse comme de la bière, écumante comme du lait, tandis que par moments s'y promenaient çà et là de grandes ombres bleues que quelque dieu semblait s'amuser à déplacer, en bougeant un miroir dans le ciel. »