vendredi 15 novembre 2013

613



« En poussant des cris d’attaque caverneux, j’ai sabré les ténèbres. un jour, je tuerais avec cette arme un ennemi, me disais-je. Je le tuerais comme un homme. Il me sembla que ce pressentiment allait de pair avec une violente certitude. Mais où était mon ennemi ? Mon père ? Ma sœur ? Les soldats américains dans leurs bases ? Les membres des Forces de défense ? J’allais le tuer, j’allais le tuer. Ei ! Ei ! Yaa ! 
À force de massacrer les ennemis qui restaient collés aux ténèbres, comme des lentes aux coutures d’une chemise, j’ai progressivement retrouvé mon calme. J’ai même regretté d’avoir blessé ma sœur. Si jamais elle perdait la vue, je devrais sacrifier mon propre œil, pour permettre une greffe de la cornée. Je devrais payer pour mon crime. Celui qui de sa propre chair et de son propre sang ne rachète pas son forfait est un lâche et un minable. Je ne suis pas de ceux qui renâclent devant le prix à payer ! »

mercredi 13 novembre 2013

612



« Je suis Zenzotli, Gardien de la Maison Obscure des Aztex, je pète les plombs et je crois que j’aime ça. »

lundi 11 novembre 2013

611



« Tu vois à présent comment tout s’enchaîne. Dans notre monde, les Turcs, pas plus que les Russes et les peuples d’Afrique, n’ont rien subi de semblable à la dévastation dont l’Europe de l’ouest a été la victime. C’est pourquoi les Turcs n’ont pas rencontré d’opposition lorsqu’ils se sont aventurés vers l’ouest. En 1420 ils prennent Constantinople que tu connais sous le nom d’Istanbul. En 1440 ils sont à Vienne, en 1460 à Paris, en 1490 à Londres. Et en même temps les Arabes venant d’Afrique du Nord occupent une fois de plus l’Espagne, et l’Italie par-dessus le marché. Puis les Turcs et les Arabes se querellent, et quand est dissipée la fumée des canons, les Turcs sont maîtres de toute l’Europe à l’exception de la Russie. Et les Russes ont fait la même chose dans la direction opposée, descendant de Sibérie pour s’emparer de la Chine, du Japon, puis du reste de l’Asie. »

vendredi 8 novembre 2013

610



« Les salops de garçons ! sitôt qu’il faisait nuit, ils étaient tous à courir derrière mon dos : Eh ! la môme, qu’ils disaient, un coup au cul, ça sera pas long. Moi, bonne fille je les écoutais. Pourtant je ne jouis pas avec tout le monde, tu sais ; faut savoir enculer, encore. Y en avait qui m’astiquaient la boudinette pendant une heure et ça me faisait autant d’effet que dans la main. Tu crois qu’ils me remerciaient ? Le lendemain, ils se mettaient à quinze pour crier "A la retourne ! A la retourne !" Et moi, tu penses, j’avais honte. »

mercredi 6 novembre 2013

609



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« Eric était fermement convaincu que le boulot des médecins était de trouver des maladies là où il n'y en existait pas, et d'aggraver la maladie là où ils en trouvaient une. »

lundi 4 novembre 2013

608



« Cet organe, une vésicule située au bas des reins, constituait pour leurs ancêtres une efficace arme défensive ressemblant beaucoup à celle qu'utilise le brachyne tirailleur. À présent réduit à l'état de vestige, il servait à décharger la tension nerveuse quand elle atteignait un point extrême. Un système pratique mais qui présentait des inconvénients. Par exemple, les psychiatres wogs étaient obligés de laisser les fenêtres ouvertes ou de porter un masque à gaz pendant les séances thérapeutiques. »

vendredi 1 novembre 2013

607



« Peut-être les terrasses de ce jardin ne donnent-elles que sur le lac de notre esprit… »

mercredi 30 octobre 2013

606



« Il n'y avait absolument rien qui rachetât cette nudité, qui rappelât les choses douces de la vie.»

lundi 28 octobre 2013

605



« Oh, les masques... On a toujours trop tendance à penser au visage qu'ils cachent ; en réalité, c'est le masque qui compte, que ce soit celui-là et non un autre. Dis-moi quel masque tu mets, je te dirai quel visage tu as. »

vendredi 25 octobre 2013

604



« Cela me fait penser, dit-il alors, à un vieux film que j'ai vu il n'y a pas longtemps, avec Yves Montand et Romy Schneider, si je ne me trompe, et que tu aurais intérêt à voir. Comme tu dis, poursuit-il, résumant ce dont je n'ai pas soufflé mot, ce n'est pas la première nuit qui est risquée, mais la deuxième, quand la magie de l'inconnu a disparu mais pas celle de l'imprévu. Je crois me souvenir que c'est Romy qui dit ça. »

mercredi 23 octobre 2013

603



« J’ai suivi Vaughan dans les toilettes du pavillon des urgences. Curieux de savoir si j’allais aussi découvrir des cicatrices sur sa verge, j’ai baissé les yeux dans sa direction. Le gland, qu’il tenait entre le pouce et l’index, était barré d’une entaille aux contours nets qui semblait le doter d’un canal spermatique supplémentaire. Quel véhicule accidenté l’avait ainsi marqué ? Quelle cérémonie avait uni de la sorte son orgasme à un pommeau de levier chromé ? L’excitation terrifiante liée à cette blessure occupait entièrement mes pensées lorsque j’ai regagné la voiture derrière Vaughan, dépassant les derniers visiteurs qui sortaient du pavillon. La légère déviation latérale de cette cicatrice, comme l’inclinaison du pare-brise de la Lincoln, donnait une assez bonne image de la trajectoire oblique et obsédante de Vaughan dans les espaces libres de mon esprit. »

lundi 21 octobre 2013

602



« La Machine n’est qu’ossature, rien mieux qu’un emboîtage architectural éviscéré, cubique, sans complexité de construction. C’est une pile creuse faite de niveaux amoncelés sur un empierrement mastoc, à répétition d’étages, une cage vide, libre au vent, des parois criblées de fenêtres sans vitres et protection.. Sa fonction fut d’exposer, de magasiner, de remiser à la vue dans une série de casiers verticaux des rufians, des ribauds, des malandrins et malfrats trépassés, de les montrer pendus, à tous, au plus grand nombre- dans l’avant-goût des grands cinémas-, non pas d’exécuter »

vendredi 18 octobre 2013

601



 « Et croyez bien que sur votre charette, vous repartirez les pieds devant et les coilles au bec. »

mercredi 16 octobre 2013

600



« Nous passons notre existence à la recherche d'une solution, d'une chose qui nous console, nous apporte le bonheur et éloigne de nous tous les maux. »

lundi 14 octobre 2013

599



« Mon imagination me crée des amis parfaits pour l’avenir, mais, en attendant, je me contente de n’importe qui. »

vendredi 11 octobre 2013

598



« Petit patapon et grand patapon, petit Belt et grand Belt, petit et grand ABC, Pépin le Bref et Charlemagne, David et Goliath, Tom Pouce et Gargantua ; je restai l'enfant de trois ans, le gnome, le Petit Poucet, le nabot qui ne veut pas grandir ; pourquoi ? Pour échapper à des distinctions comme le petit et le grand catéchisme ; pour n'être pas à l'âge dit adulte, un mètre soixante-douze, livré à un homme qui, debout à se raser devantla glace, se nommait mon père ; pour n'être pas contraint de reprendre une boutique qui, selon le voeu de Matzerath, devait - denrées exotiques - signifier pour un Oscar majeur l'univers des adultes. »

mercredi 9 octobre 2013

597



« Vous parlerai-je aussi de Monsieur Oneillard qui a le membre en tire-bouchon? C’est une grande rareté, vous en conviendrez. Oneillard me met dans l’embarras car lui aussi ne voulant rien que de très jeune, exige que les orifices lui laissent assez de jeu pour se tirebouchonner à vit-joie, y tracer ses ronds et ses spirales, s’y tourner en dansant, y faire ses volutes et ses hélices, jouer des hanches et du croupion tout en faisant aller son braquemart. Ce n’est point aisé dès qu’on veut de l’étroit.
Monsieur Bigot n’est guère original, sauf qu’il lâche un vent à chaque coup qu’il pousse, une particularité qui parfois dérange.
Monsieur l’Abbé Montini est un misérable masturbateur qui toujours s’efforce de payer en monnaie de singe après avoir occupé un fauteuil pendant des heures, se branlant sans fruit tout en ne cessant de déplorer la cruauté de Ponce Pilate et la malice des pécheurs.
Il faut de bons nerfs pour les supporter. »

lundi 7 octobre 2013

596



« Ma chère Louise,
Il y a longtemps que je vous écrivis mais je ne vous entretiendrai jamais assez du soin qu’il nous faut employer à satisfaire nos clients. Vous ne sauriez croire combien difficile sont certains d’entre eux! Prenons par exemple Monsieur Laustensoire qui entend se faire servir par un Hercule, jusqu’à cinq fois de suite sans désemparer. Bien, direz-vous, ma chère Belle, cela se trouve avec quelque bonheur. Vous n’auriez pas tort si Monsieur Laustensoire ne s’était mis en tête un Hercule de douze ans. Où voulez-vous donc le quérir? La Pinette me conseille de masquer en muguet quelque fort de la Halle, un de ceux qui hardiment savent copuler debout contre un mur, les jambes écartées, le vit battant jusqu’au nombril, mais je vous le répète, je répugne à ce genre de subterfuge. Il n’empêche que ce tantôt je ne pus que penser à Laustensoire en observant une petite araignée besogner une grosse avec une étrange ardeur. »

vendredi 4 octobre 2013

595



« Elle sentait que son âme, usée par le mépris, usée par l’aigreur et les mauvais sentiments, était morte à l’amour, à moins, peut-être, que l’amour ne fût tout autre chose que cet oiseau brillant et enchanté dont elle avait jadis rêvé. »

mercredi 2 octobre 2013

594



« Alors que Mr Darcy s'éloignait, Elizabeth sentit son sang se glacer. Jamais de sa vie elle n'avait été insultée de la sorte. Le code des guerriers exigeait qu'elle vengeât son honneur. En veillant à ne pas attirer l'attention, Elizabeth baissa la main jusqu'à sa cheville, où elle trouva la dague qu'elle dissimulait sous sa robe. Elle avait l'intention de suivre cet orgueilleux Mr Darcy à l'extérieur et de lui trancher la gorge. »